L’arrivée des beaux jours était l’occasion d’aérer la maison et de tout nettoyer chez soi. Pour mener à bien un grand nettoyage de printemps, voici comment Jeanne et Jeannette s’organisaient pour tout faire briller.
Mais avant tout pourquoi au printemps ? Cette période était plus calme et le soleil commençait à faire son apparition pour nous aider au séchage du matériel de la maison. « Dans le temps cela avait de l’importance »
L’été, nous étions tous les jours loin. « On se levait tôt et on se couchait tard. Entre les fruits, les légumes, les foins, les enfants et le mari, il nous restait plus beaucoup de temps pour la poutze».
Toutes les pièces de la maisonnette étaient vidées et exposées à l’extérieur.
On commençait par les chambres et non pas par la cuisine car nous devions passer par cette pièce pour sortir les sommiers et les matelas, qui étaient faits en toile spéciale. Là, on profitait de faire appel au cordonnier pour changer les ressorts du sommier du dessous car comme aujourd’hui, les enfants aimaient sauter sur les lits.
Dans la chambre, il restait le cadre du lit qui était en bois, « quelques fois en fer pour les enfants car c’est plus facile à démonter ». Les riches passaient une huile spéciale pour nourrir le bois.

Quand les pièces étaient complètement vides (loin les cadres, les tablards, les tabourets, les tables, les banquettes), il fallait les dépoussiérer avec le balai de riz et l’on devait s’armer d’un tournevis pour tuer les punaises (" les pouetes") qui sortaient la nuit pour nous attaquer et se nourrir de notre sang.
On mettait du Per (produit de lessive) mélangé avec de l’eau dans un baquet mais seulement quelques gouttes «car il fallait absolument l’économiser ».
Enfin on pouvait frotter le plancher, les parois et ne pas oublier la cuisine avec notre brosse à risette en utilisant surtout de l’huile de coude (nos bras). On terminait par la panosse pour faire propre le sol.
La nuit tombée, il fallait rentrer nos antiquités en les remettant à leur place et en faisant attention à ne rien casser.
« Nous sommes süres que vous allez nous demandez : mais les hommes, où ils étaient ?
- Eh bien pas là. Dans le temps c’était Mme Muscle et non Mr Propre »
Pour terminer, Jeanne me dit avec son beau sourire: «Maintenant ils sont un peu fous! Les gens continuent à poutzer » et Jeannette rajoute avec ses yeux malicieux : « Ce n’est pas plus propre que chez nous, il y a les puces et les cafards en moins !! »
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| Jeannette 2ème depuis la droite |


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